LE GOUV

Ministère de la Santé

LE GOUV

Pour un système de santé public basé sur une Sécurité sociale intégrale.

Christophe PRUDHOMME

Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, porte-parole et membre de plusieurs institution de santé, délégué CGT santé.

Médecin urgentiste au SAMU 93 (Bobigny) depuis 1987, le Dr Christophe Prudhomme se bat pour la défense de la médecine d’urgence et plus globalement de notre système de santé et de protection sociale. Porte -parole de l’AMUF (Association des médecins urgentistes de France) et responsable national de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale, il est également membre du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) et du conseil d’administration de la caisse de retraite IRCANTEC. Il est l’auteur de nombreux ouvrages à destination des médecins et autres personnels de santé, et co-auteur d’un opuscule militant paru en 2012 intitulé “Contre les prédateurs de la santé“.

La question n’est pas de refonder l’hôpital public, mais de refonder notre système de santé avec un hôpital du XXIe siècle ouvert sur la ville, associant proximité et qualité. Si la crise sanitaire liée à la maladie COVID-19 a mis en lumière à la fois le rôle essentiel de l’hôpital public, elle a aussi montré l’état de délabrement de notre système de santé qui n’a pu assurer le minimum vital que grâce à la mobilisation des personnels qui ont été obligé de pallier le manque cruel de moyens par une capacité d’adaptation collective reposant sur l’inventivité et la débrouille, laissant de côté une administration sanitaire tétanisée et incapable d’organiser une réaction appropriée. La mise en place d’ateliers de couture dans les plus grands CHU de France et les tutoriels proposés aux soignants pour se fabriquer des tenues de protection avec des sacs-poubelles, montrent bien les dégâts provoqués par la casse de l’industrie en France mais également les méfaits du fonctionnement à flux tendu et du stock zéro, imposés aux hôpitaux dans la logique du fonctionnement calqué sur celui du modèle de l’entreprise de la mondialisation libérale.

Mais le problème ne se limite pas à l’hôpital. La diminution catastrophique du nombre de médecins généralistes en ville, par ailleurs mal répartis sur le territoire avec un mode d’exercice de moins en moins adapté aux besoins d’une population vieillissante et atteinte de polypathologies, n’a pas permis une réponse organisée et coordonnée au début de l’épidémie, en faisant reposer l’ensemble de la réponse sur les SAMU-centre 15 qui ont été vite débordés.

Ce constat montre bien que nous sommes confrontés à un problème d’organisation et de moyens. N’en déplaise aux ministres de la Santé qui se sont succédés et qui n’avaient à la bouche que les soucis d’organisation en opposant l’hôpital et la ville, les deux problématiques restent inséparables.

Pour pouvoir répondre à la question posée, avant de rentrer dans l’opérationnel, il est nécessaire de définir les choix politiques sur lesquels devraient reposer l’organisation et le financement d’un système de santé. L’adjectif public ne doit pas se limiter à la qualification de l’hôpital. Nous avons besoin d’un système public de santé assurant une réponse aux besoins de santé de la naissance à la mort et fondé sur une approche globale, intégrant prévention et soins dans le domaine physique, psychologique et social. Le premier choix politique qui s’impose est celui du service public dont l’objectif n’est pas d’augmenter les dividendes versés aux actionnaires, mais celui d’une réponse aux besoins de la population dans le cadre du principe constitutionnel d’égalité de traitement de chaque citoyen. Ce principe implique donc également une véritable politique d’aménagement du territoire et non la concentration des moyens dans les métropoles où existe un « marché » pour rentabiliser les investissements. Tout citoyen doit être à moins de trente minutes d’un service d’urgence, intégré dans un hôpital doté des services de base que sont une maternité, une activité de chirurgie pour les pathologies courantes, des services de médecine et un plateau technique de radiologie et de biologie.

Il y a enfin beaucoup à faire pour rénover les formations, améliorer les rémunérations et surtout disposer de personnels qualifiés en nombre suffisant.

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